Clause de dédit
La clause de dédit est une disposition contractuelle insérée dans un contrat de travail qui impose au salarié de rembourser tout ou partie des frais de formation engagés par l'employeur s'il quitte l'entreprise avant l'expiration d'une période déterminée. Cette clause ne peut être appliquée qu'en cas de rupture du contrat à l'initiative du salarié et non imputable à l'employeur.
Aussi appelé : clause de dédit-formation · clause de dédit formation
Cet article décrit un mécanisme. Il n'énonce ni montant, ni délai, ni condition d'éligibilité : ces valeurs changent, et elles appartiennent aux sources officielles liées en bas de page.
À quoi ça sert
La clause de dédit vise à sécuriser l'investissement de l'employeur dans la formation d'un salarié en limitant le risque de départ prématuré. Elle s'adresse principalement aux employeurs qui financent des formations coûteuses ou spécialisées, pour lesquelles le recrutement ou la formation d'un remplaçant serait particulièrement onéreux. Cette clause se rencontre dans des secteurs où les compétences acquises sont spécifiques à l'entreprise ou difficiles à remplacer. Elle peut être proposée dès l'embauche ou intégrée ultérieurement par avenant, sous réserve du respect des conditions légales. Son utilisation est exclue dans certains dispositifs de formation comme le contrat de professionnalisation.
Ce que ça change
- Le salarié s'engage à rester dans l'entreprise pendant une durée minimale sous peine de devoir rembourser les frais de formation avancés par l'employeur.
- L'employeur peut renoncer à l'application de la clause, mais cette renonciation ne peut être déduite uniquement de la mention « libre de tout engagement » sur le certificat de travail.
- En cas de démission du salarié pendant la période couverte par la clause, celui-ci doit rembourser les frais de formation engagés, et non les salaires perçus pendant la formation.
- La clause ne s'applique pas en cas de rupture du contrat à l'initiative de l'employeur, y compris en cas de licenciement pour faute lourde, ni en cas de rupture conventionnelle.
- Le montant du remboursement est proportionnel aux frais réellement engagés par l'employeur et ne peut excéder une durée ou un montant qui priverait le salarié de sa faculté de démissionner.
Comment ça se passe
Les étapes, dans l'ordre. Les durées et les montants sont chez la source officielle, qui est à jour.
- La clause est insérée dans le contrat de travail, soit dès l'embauche, soit ultérieurement par avenant, avant que la formation ne débute.
- L'employeur finance la formation et le salarié signe la clause qui précise la nature, la durée et le coût réel de la formation, ainsi que les modalités et le montant du remboursement en cas de départ prématuré.
- Si le salarié démissionne pendant la période couverte par la clause et que cette démission n'est pas imputable à l'employeur, il doit rembourser les frais de formation selon les modalités prévues.
- L'employeur peut choisir de ne pas appliquer la clause, mais cette renonciation doit être expresse et ne se déduit pas d'une simple mention sur un document.
À ne pas confondre
C'est souvent là que se jouent les mauvaises décisions : deux dispositifs voisins, aux conséquences très différentes.
Clause de non-concurrence
La clause de non-concurrence interdit au salarié d'exercer une activité concurrente après son départ, tandis que la clause de dédit impose un remboursement des frais de formation en cas de démission prématurée. Les deux clauses peuvent coexister dans un même contrat.
Rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle, bien que souvent initiée par le salarié, intervient d'un commun accord et ne permet pas l'application de la clause de dédit, même si le salarié en a pris l'initiative.
Contrat de professionnalisation
La clause de dédit ne peut pas être insérée dans un contrat de professionnalisation, contrairement à un contrat de travail classique.
Les décisions à prendre
Savoir ce qu'est un dispositif ne dit pas quoi en faire. Chacune de ces pages compare les options réellement ouvertes, dans quel ordre agir, et ce qu'il faut vérifier avant de trancher.
Où cet article s'arrête
Cet article ne traite pas des modalités spécifiques prévues par les conventions collectives ou les accords d'entreprise, qui peuvent déroger aux règles générales exposées ici. Il ne précise pas non plus les recours possibles en cas de litige sur l'application de la clause, ni les sanctions encourues en cas de non-respect des conditions de validité.
Sources officielles
Les documents qui ont servi à écrire cet article. Rien n'y figure qui ne vienne d'eux.
- Plan de développement des compétences (PDC) pour un salarié du secteur privé
Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
- Qu'est-ce qu'une clause de dédit-formation ?
Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)